Princesse Tutu

Fiche technique
Nom originalPrincess Tutu (プリンセスチュチュ)
Année de production2002-2003
ProductionHal Film Maker, Marvelous, Imagica, King Records, Dentsu, Memory-Tech
Nombre d'épisodes26 (2x13)
AuteurIkuko Itô
Auteur mangaMizuo Shinonome
RéalisationJun'Ichi Satô (réalisateur en chef), Shôgo Kômoto
ProductionAtsushi Moriyama, Yoshiaki Matsumoto, Masafumi Fukui
Production de l'animationKatsunori Haruta
ScénariiMichiko Yokote, Chiaki J. Konaka, Mamiko Ikeda, Takuya Satô, Rika Nakase
Chara-DesignIkuko Itô
Superv. en chef de l'anim.Ikuko Itô
Direction artistiqueKen'Ichi Tajiri
Direction de l'écritureMichiko Yokote
CouleursYoshimi Kawakami
Direction photographieTakeo Ogiwara
MusiquesKaoru Wada
 
» Staff étendu
Editions
Sortie en DVD9 décembre 2004 (Déclic Images)
Synopsis

Il était une fois un homme qui mourut. Le métier de cet homme consistait à créer et raconter des contes. Mais il ne put échapper à la mort. Son dernier conte narrait le combat d’un beau et courageux prince contre le Grand Corbeau diabolique. Leur conflit fut ainsi condamné à ne jamais connaître de fin. (Introduction de l’épisode 1 traduite par Déclic Images)

Quelque part dans un étang envahi par la brume, un petit caneton observe le prince du conte danser sur l’eau. L’animal est visiblement épris de ce bel inconnu et rêve de danser avec lui, mais constate avec amertume qu’il n’est qu’un canard. C’est alors qu’une voix semblant sortir d’outre-tombe s’adresse à lui avant qu’un individu à l’allure excentrique ne surgisse brusquement devant le petit canard... qui se réveille alors en fillette ! L’introduction du début n’était semble-t-il qu’un rêve.
Nous faisons donc connaissance avec l’héroïne de l’histoire : Ahiru, 13 ans, est une jeune élève de ballet pas très douée en danse. Rêveuse et pratiquement toujours distraite, la jeune fille n’attire pas vraiment l’attention de la part de ses camarades, sinon celle de ses deux copines, Piké et Ririé, qui ne manquent pas l’occasion de taquiner gentiment leur camarade. Ahiru n’a elle d’yeux que pour le beau Mytho, le fameux prince apparaissant dans ses rêves ; un jeune homme silencieux et taciturne, complètement hermétique aux sentiments, mais aussi physiquement inaccessible. En effet, son meilleur ami Fakir veille jalousement à ce que Mytho n’ait aucun contact avec les autres élèves et qu'il ne sorte que pour aller en cours. Il déteste en particulier Ahiru pour une raison inavouée (peut-être liée à l’intérêt de cette dernière pour Mytho ?) Fakir se méfie également de Rue, une autre élève de ballet, plus âgée qu’Ahiru et également beaucoup plus douée. Très admirée par ses camarades et les professeurs, Rue semble toute disposée pour devenir la partenaire en danse de Mytho.
Un jour, en tentant de sauver un petit oiseau prisonnier du toit, Mytho fait une lourde chute depuis la fenêtre de sa chambre. Témoin du drame, Ahiru se transforme alors en Princesse Tutu et devient une ballerine hors-pair grâce à la magie de son pendentif, sauvant ainsi la vie au jeune homme. L’homme mystérieux qui avait surgi devant le petit canard au début de l’épisode apparaît alors devant Ahiru/Tutu et lui raconte l’histoire du prince et du Grand Corbeau. Mytho serait le prince du conte, privé de cœur (et donc de ses sentiments) depuis qu’il y a enfermé son pire ennemi. Il lui apprend aussi qu’elle est en vérité un canard (Ahiru signifie canard en japonais !) transformé en petite fille après que cet homme, qui se prénomme Drosselmeyer, ait compris qu’Ahiru aimait le prince.
Pour aider Mytho, Ahiru doit désormais utiliser ses pouvoirs de Princesse Tutu pour retrouver les fragments dispersés du cœur. Mais une destinée tragique attend jeune fille : dans le conte, Tutu est condamnée à ne jamais être aimée du prince et donc à redevenir un canard à la fin de l’histoire...

Commentaires

En apparence, Princesse Tutu semble viser un public très jeune et principalement féminin. Difficile en effet de ne pas penser au genre du Magical Girl, des petites filles se transformant grâce à un objet magique et dont plusieurs séries de ce type ont été diffusées en France (Gigi, Creamy merveilleuse Creamy, Caroline...). La version canard très kawaii d’Ahiru peut d’ailleurs faire penser aux compagnons animaliers des jeunes héroïnes des séries Magical Girl (les deux chatons de Creamy par exemple). Mais contrairement à beaucoup de ses consœurs, Princesse Tutu développe tout un univers intriguant et recherché où réalité et conte merveilleux se côtoient. La ville où vit Ahiru s’inspire énormément du folklore germanique au niveau architectural et les noms de certains personnages ou lieux sont à consonance allemande ; dans un épisode, Fakir prononce même quelques paroles dans un allemand à la prononciation très fantaisiste ! Chaque titre d’épisode est basé sur un conte ou sur un ballet mis en musique par les plus grands compositeurs ; l’épisode 1 par exemple s’inspire du "Casse-noisette" de Tchaïkovski, en particulier le thème de "La Valse des fleurs" : on voit Ahiru sauver Mytho grâce à un tourbillon de fleurs qu’elle crée en dansant. L’épisode 4 quant à lui se base sur le morceau "Catacombes" du ballet "Tableau d’une exposition", composé par Moussorgski en 1874 : dans cet épisode, Ahiru est prise au piège dans les sous-sols de la bibliothèque qui forment un labyrinthe pouvant évoquer les fameuses catacombes.

L’histoire de chaque épisode est introduite sous la forme d’un conte (avec la fameuse formule "Il était une fois"), comme si les aventures que vivaient Ahiru/Tutu avaient déjà été écrites par le mystérieux Drosselmeyer. C’est d’ailleurs dans cette optique que la série se poursuivra dans la seconde partie : les personnages principaux apprennent que leur univers est l’œuvre même de Drosselmeyer, le fameux auteur de contes mort avant d’achever son ultime récit, et qu’il peut donc tout contrôler. La fin de l’histoire n’est pas encore écrite et il semble que Drosselmeyer cherche à mettre en place une fin tragique qui verrait Tutu échouer dans le sauvetage du prince et le Grand Corbeau triompher. Mais notre héroïne finit par prendre conscience de ces desseins, si bien qu'on assiste à une subtile mise en abime où les personnages prennent à peu conscience qu’ils sont... des personnages !
Si dans la première partie, Ahiru part surtout à la recherche des morceaux du cœur de Mytho et se fait écarter par Fakir, dans la seconde partie la situation initiale est complètement bouleversée et Ahiru se voit contrainte de faire des choix douloureux vis-à-vis de Mytho et de sa mission. Cette partie, dont nous ne révélerons pas l’intrigue pour laisser la surprise au spectateur, prend un détour plus sombre et dramatique, alors que les premiers épisodes étaient plus humoristiques et plus "légers". Nous assistons par exemple à la mort d’un personnage récurrent (quoique secondaire) de la série. Ainsi, celle-ci nous rappelle que les contes étaient autrefois très sombres, voire cruels, aspects gommés ou aseptisés dans leurs adaptations récentes.
Le comportement des personnages et leur rôle dans la série évolue également au fil des épisodes : si Fakir semble au départ passer pour un personnage sinistre et antipathique, presque voué à devenir l’adversaire d’Ahiru, son background s’étoffe avec le temps et il gagne en profondeur. Sa relation avec Ahiru est aussi davantage développée et se conclut même d’une manière assez inattendue.
Quant à Mytho, loin d’être le prince charmant et courageux décrit dans le conte, c’est un être fragile, privé de ses sentiments et peu ouvert aux autres. S’il est amoureux de Tutu, il ignore presque Ahiru et ne semble guère intéressé par le charme de Rue, y compris lorsqu’ils sont choisis pour danser en duo. Mytho agit au départ de manière automatique et détachée, un peu comme une marionnette, avant qu’il ne retrouve peu à peu ses sentiments. Mais ces derniers ne réapparaissent que par fragments et pas toujours au bon moment. Mytho retrouve d’abord des sentiments négatifs qui le terrifient (la peur, le doute...) et qui le rendent soucieux du véritable objectif de Tutu.
Tutu n’est d’ailleurs pas une Magical Girl aimée ou admirée comme dans beaucoup d’autres séries du genre. Ses actes pourtant bienveillants attirent la jalousie de Rue qui cherche à s’accaparer Mytho et la haine de Fakir, dont la destinée est de veiller inlassablement sur le prince.

La série se distingue aussi par un humour très particulier : Ahiru fréquente un établissement peuplé de personnages excentriques et à l’aspect physique parfois délirant. On y croise respectivement un professeur chat hanté par le désir d’épouser ses élèves (avec une prédominance pour Ahiru), menace de mariage qu’il profère chaque fois qu’une élève arrive en retard ou rate un exercice, une élève tamanoir attirée par Mytho qu’Ahiru invitera à danser, un professeur chèvre folle du professeur chat et bien d’autres spécimen !
Si le côté exubérant et distrait d’Ahiru peut énerver certains, ses mimiques lors de situations farfelues font également mouche (sans compter la voix de canard dont elle est affublée tout au long de la série !).

Là où la série finit de s'affranchir du modèle des autres magical girls, c’est parce qu’elle montre qu’un coup de baguette magique ne suffit pas à changer sa vie, et surtout qu’il faut s’accepter tel que l’on est : devenir une princesse n’est pas un but en soi. Non seulement Princesse Tutu s'attaque au mythe du prince sur son cheval blanc comme l'avait déjà fait Utena, la fillette révolutionnaire quelques années plus tôt, mais en plus elle critique les contes de fées où tout finit bien à la fin et où la jeune héroïne "réussit" sa vie en trouvant son prince charmant. Il est intéressant de noter que Jun'Ichi Satô (réalisateur de Princesse Tutu) et Kunihiko Ikuhara (réalisateur de Utena) ont réalisé tous deux Sailor Moon, série qui montrait déjà à l'époque une évolution du rôle des héroïnes même si finalement celles-ci restaient très attachées à l'idée du prince charmant.

Grâce à son scénario prenant et son humour débridé, Princesse Tutu est donc une série qui sort des chantiers battus et, bien loin d’être uniquement destinée aux petites filles, peut toucher indifféremment les garçons que les filles et intéressera même les adultes. Les musiques de la série réadaptent différents classiques du ballet (avec tout de même une importance donnée à Tchaïkovski), donnant une bande originale à la fois somptueuse et originale.
Si le chara-design est plutôt conventionnel et l’animation quelque peu limitée, la réalisation reste tout à fait correcte, en particulier grâce aux décors oscillant entre l’aspect crayonné et le pastel.
Hélas, peut-être à cause de son titre donnant l’impression d’avoir affaire à une série pour les plus petits (idée renforcée par son titre qui sonne assez ridicule en français), la série n’a pas pris en France. Elle n’est sorti qu’une fois en DVD chez Déclic-Images, uniquement en VOST, alors qu’un doublage français aurait peut-être permis d’attirer un public beaucoup plus large. C'était toutefois un projet de l'éditeur (qui avait apparemment déjà réalisé une version française des génériques), projet qui est tombé à l'eau suite aux mauvaises ventes de la série.

Liste des épisodes
Acte 1 : Ahiru et le Prince ~Le casse-noisettes : La Valse des Fleurs~
Acte 2 : Fragments de coeur ~Le Lac des Cygnes : Scène Finale~
Acte 3 : Le serment de la Princesse ~La Belle au bois dormant : Panorama~
Acte 4 : Giselle
Acte 5 : La nuit du festival du feu ~Tableau d'une Exposition :
catacombes~
Acte 6 : Aurore la rêveuse ~La belle au bois dormant : Prologue~
Acte 7 : La princesse Corneille ~Le beau Danube bleu~
Acte 8 : La fontaine du guerrier ~Roméo et Juliette : ouverture fantaisie~
Acte 9 : Les chaussons noirs ~Tableau d’une Exposition : le vieux château~
Acte 10 : Cendrillon ~Cendrillon : Valse Finale~
Acte 11 : La sylphide
Acte 12 : Le banquet de l’ombre ~Schéhérazade~
Acte 13 : Le lac des Cygnes
Acte 14 : Le Grand Corbeau
Acte 15 : Coppelia
Acte 16 : La prière d’une vierge
Acte 17 : Crime et châtiment ~ Carmen : Aragonaise ~
Acte 18 : Le chevalier errant ~ Egmont, ouverture ~
Acte 19 : Le songe d’une nuit d’été
Acte 20 : L’histoire oubliée ~ La fiancée vendue ~
Acte 21 : Les successeurs ~ Romances sans paroles ~
Acte 22 : La couronne de pierre ~ La Grande Porte de Kiev ~
Acte 23 : Marionnette ~ Ruslan et Ludmilla ~
Acte 24 : Le Prince et le Corbeau ~ Danse Macabre ~
Acte 25 : Le cygne blessé ~ Roméo et Juliette ~
Acte 26 : Finale ~ Le casse-noisettes ~
Auteur : veggie 11
Modifs/Ajouts : Arachnée
Sources :
http://www.dvdanime.net/ (images)
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Princess Tutu © Ikuko Itô, Mizuo Shinonome / Hal Film Maker, Marvelous, Imagica, King Records, Dentsu, Memory-Tech
Fiche publiée le 22 juillet 2015 - Dernière modification le 29 août 2016 - Lue 1980 fois